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PROJET DE GROUPE SCOLAIRE PUBLIQUE : PLUS QUE JAMAIS CONTESTABLE
Article mis en ligne le 6 février 2018

par Groupe NNC
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Alors que notre groupe demandait au maire depuis près d’un an une réunion d’information sur la construction du groupe scolaire public votée en 2011, celui-ci a enfin invité le conseil municipal à une présentation du projet par l’architecte, le 24 janvier dernier. On y notait la présence du maire de La Roche-Bernard et de la directrice de l’école maternelle des Petits Murins. Nous avons souligné que cette proposition intervenait bien tardivement, alors que lors des vœux, le maire annonçait le dépôt rapide du permis de construire.

Cette réunion est sans doute à rapprocher du courrier adressé par le préfet au maire, suite au recours que nous avons exercé contre la délibération du 23 octobre concernant l’emplacement de la future école. L’un de nos principaux arguments tenait en effet au manque d’information des conseillers sur le dossier, une opacité volontairement entretenue afin d’obtenir un vote sans débat. Organiser cette réunion tardive permet au maire de faire taire toute critique sur ce point précis (les autres restant toujours d’actualité !). Dans sa lettre, le préfet a demandé le retrait de la délibération du fait de ses faiblesses juridiques, ce que le conseil a acté dans sa réunion du 29 janvier.
À noter que le préfet a également souligné la nécessité d’information des conseillers sur le coût prévisionnel des travaux (en constante augmentation) ainsi que sur la proposition de phasage de la construction (+ 210 000 €), afin de permettre un vote en toute connaissance de cause. Autant de points que nous avions soulevés dans notre recours. Nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir obtenu gain de cause sur un enjeu de cette importance.

Confronté ainsi à ses propres incohérences, le maire nous a informés que le projet serait réexaminé dans sa totalité (projet, budget, plan de financement, phasage) lors d’une réunion de conseil municipal exceptionnelle qui se tiendra le 15 février.

Mais revenons sur notre rencontre avec l’architecte. Connaissant bien le dossier, nous avions préparé une série de questions sur des points méritant, à notre avis, éclaircissements.
Disons que nous avons été loin d’être convaincus par ses réponses que pour certaines nous avons trouvées déplacées. Ainsi, interrogé sur la difficulté d’un terrain aussi contraint que celui des Métairies - que lui-même avait soulignée lors d’un comité de pilotage - il répond « que les terrains contraints font de beaux projets ».
Nous ne doutons pas des compétences de l’homme de l’art et de ses aspirations créatrices, mais… il aurait pu également ajouter que les « beaux » projets font aussi les « beaux » budgets ! Ainsi, de nous citer comme exemple le groupe scolaire de Blain que son équipe vient de terminer. Nous y sommes allés voir de plus près… Certes, la création architecturale est plutôt ambitieuse pour un simple groupe scolaire de cinq classes. Mais lorsqu’on apprend que ce projet a coûté 3,4 M€ hors taxes et hors honoraires pour 120 élèves*, on comprend mieux vers quelle dérive financière la majorité municipale va nous entraîner. Sur ce même groupe scolaire, il indique avoir utilisé un revêtement de sol en caoutchouc coûteux (car naturel) mais « que si c’était à refaire, il ne le referait pas », les traces de chaussures étant tenaces sur ce matériau. On peut espérer que si le projet actuel était maintenu, nous n’aurons pas à payer les pots cassés d’autres « expérimentations » de ce genre ! (Nous aurions aussi à redire sur certaines réalisations passées du même architecte à Nivillac, mais cela nous entraînerait trop loin).

Autre point qui ne nous a pas convaincus : un arrêté d’avril 2017 applicable à toute nouvelle construction de bâtiment public à partir de septembre 2017, impose de nouvelles normes de performances énergétiques et environnementales. Il faut y voir sans doute une transition entre la norme RT 2012 (appliquée dans le projet en cours) et la future norme RT 2020 qui verra l’obligation de construction de bâtiments à énergie positive et à haute performance environnementale. À la lecture du dossier, nous avions constaté que l’étude d’avant-projet respectait bien la norme RT 2012 (remplaçant la norme BBC), conformément à la loi en application lors de la phase concours. Dans le nouveau décret, la norme énergie 3 ou énergie 4 est retenue, impliquant des performances de 40% supérieures à la RT 2012. L’avant-projet définitif datant de janvier 2014 et n’ayant pas été modifié depuis, nous ne voyons pas comment le projet qui serait présenté au permis de construire peut intégrer les directives plus contraignantes d’un arrêté d’avril 2017.
À notre légitime question sur ce point très important, l’architecte est resté évasif, précisant que tous les certificats d’étude thermique seraient fournis au moment du dépôt de permis de construire. Nous avions d’ailleurs constaté qu’aucune étude de ce type ne figure dans le dossier. On ne peut raisonnablement se satisfaire d’une telle réponse. C’est bien en amont qu’il faudrait se livrer à une étude prévisionnelle des futures dépenses d’énergie (une chaudière à gaz est prévue, chauffage à énergie fossile proscrit dans les nouvelles réglementations), pour connaître nos futurs coûts de fonctionnement, et pas lorsque nous n’aurons plus la possibilité de revenir en arrière.

Autre remarque que nous avons soulevée : le respect des normes parasismiques pour les bâtiments publics ont entraîné une plus-value estimée de construction de près de 100 000 €, au stade de l’APD, alors que le décret correspondant a été publié en octobre 2012, soit avant la date du concours d’architecture. Pourquoi ne pas avoir inclus ce coût obligatoire lors de la remise du projet en juillet 2013 ? Les autres concurrents ne l’avaient-ils pas, eux, intégré, et dans ce cas le résultat du concours n’est-il pas faussé ? L’architecte ne nous a pas donné de réponse, ne se souvenant plus de cet aspect.

Nous nous sommes également interrogés sur la nécessité d’une 5e classe de maternelle prévue au projet (contre 3 actuellement). Il nous a été répondu que l’introduction ultérieure d’engins de chantiers est difficilement envisageable dans un tel bâtiment. Autrement dit, toute modification ultérieure du bâtiment semble bien compromise, d’autant que celui-ci occupe la totalité du terrain choisi.

Nos collègues de la majorité ont également posé quelques questions, notamment sur la durabilité du revêtement en bois des façade (sur 2/3 des bâtiments), et sa couleur après quelques années. Effectivement, si le bois naturel offre une belle couleur au départ, il vire nécessairement au gris au bout d’un certain temps. C’est un choix esthétique recevable, mais le revêtement en bois pour les façades est de plus une option coûteuse.
La directrice de l’école maternelle a déploré pour sa part des cours de récréation sous- dimensionnées, ce que l’architecte a volontiers admis (toujours la contrainte du terrain…). Ainsi, la construction d’une école neuve entraînera des aires de détente plus restreintes pour les enfants alors qu’elle devrait être synonyme d’améliorations !

Le maire de La Roche-Bernard, dont on nous a bien dit que son conseil ne voterait une participation financière que si le projet était maintenu aux Métairies, est resté silencieux. Il n’a de même pas évoqué une telle éventualité lors de la cérémonie des vœux de sa municipalité, ou pourtant tous les projets importants de l’année à venir ont été présentés.

L’ensemble de ces éléments, ne peut que confirmer que ce projet trop coûteux, inadapté et déjà dépassé doit être abandonné. D’autant qu’à l’échéance possible de la construction du groupe élémentaire (2022 ? Mais aucune date n’est émise par la majorité pour le moment), les bâtiments à énergie positive seront la règle. Parler d’urgence du démarrage des travaux, comme le fait le maire, n’a aucun sens puisque le groupe élémentaire n’est pas près de voir le jour de toute façon.

Il est grand temps de revenir à un projet raisonnable (- 1 M€ d’après nos estimations), pour le moins à énergie passive et surtout construit dans notre bourg afin de contribuer à son animation, et non dans une zone commerciale accidentogène.

C’est cette conviction qui nous animera encore le 15 février pour tenter de décider une partie de nos collègues à renoncer au projet actuel. Notons que, pour la première fois, le maire a lui-même émis cette hypothèse lors du dernier conseil.

Pour conclure sur une note plus légère, tout le monde a pu remarquer l’exercice d’équilibriste auquel s’est livré notre premier élu lors de la cérémonie des vœux. Il a fait applaudir les repreneurs de la supérette, présents dans la salle, pour leur contribution à la redynamisation du bourg… tout en rappelant que la majorité du conseil municipal (sous son influence directe) avait maintenu l’emplacement de l’école dans la zone des Métairies.
Il n’hésitait pas non plus à évoquer ce vote devant le préfet, alors que dès le 30 novembre 2017 un premier courrier était adressé en mairie par le même préfet (suite à notre requête) pour une éventuelle remise en question de la délibération ! Du grand art.

Le groupe Nivillac Nouveau Cap

* https://actu.fr/pays-de-la-loire/bl...


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